Le solaire photovoltaïque

Le photovoltaïque représente en France, début 2026, une puissance électrique installée de 27 GW.

Il repose sur des technologies dont la seule évolution marquée concerne l'augmentation du rendement des cellules, sans que pour autant cela influence notablement son facteur de charge moyen.

Il envahit les villes (toitures, ombrières de parkings) et les campagnes : toitures des exploitations y compris de faux hangars agricoles, espaces semi-ouverts voire forêts, agrivoltaïsme, lacs.

Une course au gigantisme surfacique, avec des projets de centaines voire de  milliers d'hectares.

Son facteur de charge moyen demeure très faible, entre 13% (zone nord) et 15% (zone sud).

La durée de vie théorique des panneaux est de 25 à 30 ans, mais leur durée de vie réelle est de l'ordre de 20 ans.

C'est une électricité très peu décarbonée  :

* en direct 43,9 g  CO2eq/ KWh en direct, donc à soi seule plus carbonée que la moyenne du mix électrique français (30,2 g CO2eq/ KWh en 2024)

* en plus elle est adossée à des centrales gaz (418 g CO2eq/ KWh) afin de pallier son intermittence et son absence de production nocturne et hivernale

C'est une électricité peu compétitive si on prend en compte comme il convient l'ensemble de ses coûts y compris les raccordements au réseau, les coûts système, les coûts environnementaux.

Sans oublier le coût des soutiens publics puisque depuis 25 ans elle est subventionnée, sous des régimes contractuels qui ne cessent d'évoluer mais qui sont toujours bien présents.

Jean Dupont

Implantations sur le territoire français

Au tout début, il semblait que la rigueur triompherait, sur la base d'un recensement du potentiel solaire réalisé par l'Ademe en 2019

👉 https://librairie.ademe.fr/energies-renouvelables-reseaux-et-stockage/1000-evaluation-du-gisement-national-des-zones-delaissees-propices-au-photovoltaique.html

L'Ademe concluait à :

1) 49 GW sur des surfaces déjà artificialisées : anciennes friches industrielles, délaissés routiers ou ferroviaires ou aéroportuaires, et carrières abandonnées ;

2) 4 GW sur des ombrières de parkings,

A quoi s'ajoutaient les surfaces disponibles sur des toitures de maisons. 

 

Sous la pression des opérateurs  objectant que les petites surfaces inférieures à 1,5 ha ne seraient pas assez rentables, dès 2020 l'Ademe faisait savoir au ministère (étude non publiée) que ces 49 GW  pouvaient être ramenés à 8,6 GW, recommandant implicitement  d'investir les surfaces agricoles et forestières.

 

C'est sur la base de ce bricolage estimatif que fut votée la Loi APER 2023-175 du 10 mars 2023 et le dispositif agrivoltaïque.

 

l'agrivoltaisme 

Les terres agricoles et certains espaces semi-ouverts ont vocation à alimenter la population, voire la planète.

Les forêts sont à la fois un espace de ressourcement, un habitat d'espèces protégées et le lieu où se créent des puits de carbone.

En aucun cas ces terres n'ont vocation à être artificialisées pour y produire de l'électricité.

 

La Loi APER 2023-175 du 10 mars 2023 et ses textes d'application (décret du 8 avril 2024 ; arrêté du 5 juillet 2024 ) ont décidé le contraire, en faisant mine d'encadrer l'agrivoltaïsme, par le truchement d'une étude préalable agricole destinée à vérifier que ce projet est effectivement au service du projet agricole et adapté aux besoins de l’exploitation agricole, et non l'inverse.

 

Certains départements tels que l'Aveyron se sont cependant résolus à lutter contre cette dérive porteuse d'une déstructuration des secteurs agricoles et forestiers, par la définition concertée d'une stratégie départementale en matière d’énergies renouvelables photovoltaïques 

https://www.aveyron.gouv.fr/contenu/telechargement/28366/228359/file/Guide_Photovoltaique_Aveyron_04_2025.pdf

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Olivier Ferrand